L'inquiétante résistance aux antibiotiques

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L'inquiétante résistance aux antibiotiques

Message  Admin le Mar 14 Sep - 15:51

Microbes résistants et manque de nouvelles molécules font craindre aux chercheurs réunis à Boston une crise sanitaire majeure.

Et si l'humanité retombait dans la situation sanitaire qui prévalait avant la découverte de la pénicilline, le premier antibiotique découvert en 1929 par le médecin britannique Alexander Fleming? Ce scénario catastrophe, eu égard aux millions de vies humaines sauvées par ces médicaments anti-infectieux, émane de chercheurs réunis depuis dimanche à Boston (États-Unis) à l'occasion de la 50e conférence annuelle de l'Interscience Conference on Antimicrobial Agents and Chemotherapy (ICAAC).

D'un côté, le nombre de cas de bactéries multirésistantes, contre lesquelles il n'existe plus aucun antibiotique efficace, ne cesse de croître aussi bien dans les pays riches que dans les pays en développement. En Europe, ces «super» microbes sont d'ores et déjà responsables de 25.000 décès par an. Par ailleurs, une étude récente vient de signaler l'émergence, en Inde et au Pakistan, de souches bactériennes ultrarésistantes qui pourraient coloniser la planète en quelques années, à commencer par le Royaume-Uni qui a conservé des liens étroits avec son ancienne colonie.

De l'autre, «il est clair que l'industrie pharmaceutique ne répond pas aux besoins de la médecine», a déploré devant la presse le Dr Ursula Theuretzbacher, du Centre des agents anti-infectieux à Vienne.


Faible rentabilité

En dix ans, le nombre de nouveaux antibiotiques produits ou en développement a chuté de moitié, a reconnu Gary Noel, du laboratoire américain Johnson and Johnson. Selon ce spécialiste, il n'y aurait pas plus d'une cinquantaine d'antibiotiques à l'étude sur l'ensemble de la planète, que ce soit dans les laboratoires des Big Pharmas ou dans les sociétés de biotechnologies… Plus préoccupant encore, «les quelques molécules potentiellement capables de neutraliser les agents microbiens multirésistants ne seront pas sur le marché avant deux à quatre ans au plus tôt», estime M. Noel.

La faible rentabilité des antibiotiques, comparée aux anticancéreux, aux psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques…) ou aux médicaments contre les maladies cardiovasculaires, explique ce désintérêt. Les agents multirésistants ne représentent qu'un petit marché et les antibiotiques dits de ville suffisent -mais pour combien de temps à encore- à venir à bout de la plupart des infections bactériennes (angines, infections urinaires ou abdominales…).


Création de partenariats

Pour sortir de l'impasse, le Dr Theuretzbacher propose de ne plus se baser uniquement sur le modèle dit du retour sur investissement et de développer, notamment, la création de partenariats entre les secteurs public et privé, à l'instar de ceux mis en place avec succès contre certaines maladies tropicales. «Les pouvoirs publics devraient octroyer davantage de fonds pour combler le déficit des investissements privés aux premiers stades de la recherche et du développement» de nouveaux antibiotiques, suggère-t-elle. Parallèlement, cette infectiologue insiste sur la nécessité de renforcer et d'harmoniser les réglementations des pays pour limiter l'usage excessif des antibiotiques chez les humains mais aussi chez les animaux d'élevage, principale cause du développement de la résistance microbienne.

En France, après une baisse sensible au cours des dernières années, la consommation d'antibiotiques est repartie à la hausse. Dans un document diffusé cet été et cosigné par plusieurs de ses collègues, Jean Carlet, ancien président du Comité technique national des infections nosocomiales, propose dix actions destinées à faire face à ce «péril imminent». Et de citer la généralisation de «l'hygiène des mains pour limiter la dissémination de bactéries résistantes d'origines fécales», «la gestion des déchets et effluents hospitaliers», la fourniture au patient du «nombre de comprimés correspondant exactement au traitement prescrit», la fixation d'un «objectif de réduction des consommations d'antibiotiques de 30% sur trois ans» en médecine humaine et vétérinaire…

LIRE AUSSI :

» L'inquiétante émergence de «superbactéries» http://www.lefigaro.fr/sante/2010/08/11/01004-20100811ARTFIG00453-l-inquietante-emergence-de-superbacteries.php

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